Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/589

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Il ne restait plus qu’à déterminer l’époque et le lieu de la prochaine conférence. On adopta d’abord sans objection l’année 1875, puis on vota au scrutin secret sur le choix de la capitale où se tiendrait la réunion. Un premier tour donna les résultats suivans : Saint-Pétersbourg, 7 voix; Londres, 7; Berlin, 5; Constantinople, 1. Un scrutin de ballottage eut lieu alors entre les deux capitales qui avaient obtenu égalité de voix au premier tour. Cette fois Saint-Pétersbourg obtint 10 suffrages et Londres également ; on eut recours alors à un tirage au sort, qui désigna Saint-Pétersbourg. C’est donc en Russie qu’aura lieu la conférence de 1875, et l’envoyé britannique, en adressant ses remercîmens aux délégués pour le nombre de suffrages qui s’étaient portés sur la capitale de la Grande-Bretagne, prit acte des titres que Londres avait ainsi acquis au choix de la future assemblée.

Nous venons d’exposer successivement les principaux résultats des conférences de Paris, de Vienne et de Rome. Pendant que des hommes de bonne volonté établissent autour d’un tapis vert les conditions propres à développer les relations télégraphiques, le réseau des lignes et des câbles s’étend de proche en proche et d’une façon continue. Il y a peu de temps, l’Amérique du Nord ouvrait à travers le far-west une communication entre New-York et San-Francisco; hier, dans l’Amérique du Sud, la république argentine donnait la main au Chili à travers les Andes; demain des câbles partiront des côtes américaines de l’Océan-Pacifique pour gagner les mers du Japon et de la Chine. Ainsi se trouvera complété un circuit qui embrassera le globe. Notre planète, sillonnée par un réseau complet, ressemblera, suivant une comparaison souvent employée, à un être pourvu d’un système nerveux. Les barrières élevées entre les nations s’abaissent et s’effacent. Assez souvent et assez longtemps nous avons occasion de nous arrêter sur ce qui sépare et divise les hommes, ne regardons pas comme perdus quelques momens consacrés à ce qui est fait pour les rapprocher et les unir.


EDGAR SAVENEY.