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LE
GOUVERNEMENT ITALIEN
ET LA PAPAUTE

La France a eu de trop poignantes préoccupations pendant les deux dernières années pour songer à suivre le mouvement politique des nations voisines avec toute l’attention qu’il mérite ; mais les malheurs passent, et la France reste : elle reste avec cet esprit clairvoyant, précis, libéral, progressif, qui est son privilège. Il importe que son attention ne soit pas trop longtemps distraite des affaires des autres peuples, que son opinion se forme sur une connaissance exacte des faits, afin qu’elle puisse à un moment donné exercer l’influence qui lui appartient, et qu’on ne lui enlèvera jamais.

Assurément le fait le plus grave qui se soit produit au dehors depuis le 4 septembre 1870 a été la chute du pouvoir temporel des papes, le 20 septembre de la même année. Toutefois cet événement n’était pas la solution du problème ; il ne faisait que le poser. Ce problème intéresse la France au plus, haut degré. Il ne faut pas que de fausses informations la détournent d’un juste sentiment de la situation et d’une appréciation équitable de la conduite du gouvernement italien. L’Italie tient à être l’amie de la France ; elle ne peut le rester qu’à la condition que sa position à Rome ne soit pas troublée, et, puisque le catholicisme joue un rôle si considérable en France, il importe que les hommes de bonne foi soient convaincus que leurs croyances ne courent aucun danger par le changement politique qui s’est fait à Rome. Aussi a-t-il paru utile d’exposer dans ses traits généraux la politique que le gouvernement italien a suivie envers la papauté et le saint-siège depuis trois ans,