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LES ETATS-GENERAUX
AVANT 1789
LEUR RÔLE DANS L'ANCIENNE FRANCE

Histoire des états-généraux considères au point de vue de leur influence sur le gouvernement de la France de 1355 à 1614, par M. George Picot, juge au tribunal de la Seine, 4 vol. in-8° ; paris 1372, Hachette.

Lorsqu’il y a six ans l’Académie des sciences morales et politiques mettait au concours une « étude sur les états-généraux en France considérés au point de vue de leur influence sur le gouvernement, » on peut dire sans exagération que bien peu de personnes étaient en mesure d’apprécier l’importance et la fécondité de ce sujet. D’abord c’est chose rare parmi nous qu’une connaissance approfondie de notre propre histoire : les uns l’ignorent absolument, les autres, ce qui est pis encore, ne la voient qu’à travers leurs passions ou leurs préjugés ; puis il faut reconnaître que rien dans cette histoire n’est resté plus obscur que le rôle de ces assemblées qu’on voit de loin en loin apporter à la monarchie non pas seulement de l’argent et un acquiescement servile à ses volontés, mais des plaintes, des remontrances, des conseils qui seraient devenus des ordres, si leur persévérance eût égalé leur bon droit. A part les états de 1789, dont les cahiers ont à plusieurs reprises été l’objet d’une préoccupation en quelque sorte exclusive, que savait-on et que sait-on chez nous des états-généraux ?

L’Académie des sciences morales et politiques elle-même n’avait-elle pas déjà il y a trente ans, en 1840, mis au concours une