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LES RÉVOLUTIONS
DE L’ASIE CENTRALE

III.
LA BIRMANIE, LE THIBET, LES PROVINCES OCCIDENTALES DE LA CHINE. [1]

La seconde partie de cette étude a montré pourquoi l’empire anglo-indien n’a fait aucun progrès au nord-ouest depuis vingt ans. Un pays montagneux et peu fertile, des populations clair-semées et belliqueuses, ne sont pas pour tenter une puissance à laquelle appartiennent déjà les riches vallées du Gange et de l’Indus. Des considérations stratégiques eussent seules justifié de nouvelles conquêtes dans la direction du bassin de l’Aral ; mais qui ne sait que la Grande-Bretagne ne veut plus croire à la guerre ? Sa diplomatie, hors d’Europe du moins, n’a plus qu’un programme : ouvrir de nouveaux marchés au commerce, chercher de nouveaux consommateurs. Sa politique n’est plus guidée que par l’intérêt des fabricans de Manchester, de Sheffield et de Nottingham. Cela étant, ce sont des consuls et non des ambassadeurs qu’elle doit envoyer, aux nations étrangères. Le gouvernement de Calcutta, comme celui de la mère-patrie, s’inspire de ces principes économiques. Les relations qu’il a voulu se créer au-delà de ses frontières orientales avec la Birmanie, le Thibet, le Yunnan, le Turkestan oriental, ont eu pour unique but en apparence de favoriser l’échange des marchandises. Pourtant on trouvera sans doute que le récit n’en est pas dépourvu d’intérêt, car il nous conduit en des pays dont l’histoire

  1. Voyez la Revue du 1er et du 15 mars.