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LA
POLITIQUE CONSERVATRICE
DE CASIMIR PERIER
— 1831 — 1832 —

S’il est une étude historique qui mérite de fixer aujourd’hui l’attention des conservateurs de toutes nuances, monarchistes ou républicains, c’est assurément celle du ministère de Casimir Perier, à qui l’histoire a décerné le titre glorieux de grand ministre de l’ordre public. Dans les temps troublés où nous sommes, on est assuré, quelle que soit la diversité des circonstances, de trouver dans cette étude les plus graves sujets de réflexion, et des leçons pleines d’autorité qui doivent profiter à tous, — gouvernement ou partis. Comment nier l’autorité de ces leçons quand on considère les succès inespérés du système politique et des procédés ministériels de Casimir Perier, en les mettant en regard du désordre matériel et moral qu’il avait à vaincre et de la violence des passions anarchiques, nées avant son ministère, qui l’assaillirent plus violemment encore jusqu’à son dernier jour ? Plus le danger était immense et la défaite menaçante, plus le système et les procédés qui les ont conjurés se recommandent à la conscience des bons citoyens et aux méditations du gouvernement. Au reste, la justice de l’histoire se fit pressentir dès les premières explications du président du conseil aux tribunes des chambres ; elle éclata même bientôt dans un sentiment public qui se généralisa de plus en plus à mesure que sa politique passa des paroles aux actes. Cependant, depuis le jour où Louis-Philippe