Page:Revue des Deux Mondes - 1874 - tome 3.djvu/805

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


L'EMPIRE DES TSARS
ET LES RUSSES

VII.[1]
L'EGLISE RUSSE

III.
LA CASTE SACERDOTALE ET LA REFORME ECCLESIASTIQUE. — LE CLERGE NOIR ET LE CLERGE BLANC. — MOINES ET POPES.

En Russie, le clergé n’est pas seulement un corps, c’est une classe ; jusqu’à ces derniers temps, ce n’était pas seulement, comme en France avant la révolution, un des ordres de l’état, c’était une caste fermée, héréditaire. Le rôle de cette caste n’est pas moins important au point de vue social qu’au point de vue religieux. Outre son influence directe par ses fonctions, ce clergé, pourvu de famille, a par ses enfans, par les hommes qui sortent de son sein, une sérieuse influence sur la société civile. Le clergé russe, qui forme une des quatre ou cinq classes entre lesquelles se divise toute la nation, se partage lui-même en deux groupes, en deux classes différentes et souvent, rivales : les popes et les moines, le clergé séculier, paroissial, et le clergé régulier monastique ; ou, selon l’expression vulgaire, le clergé blanc et le clergé noir. Cette désignation ne répond point à la différence des costumes. Si les moines sont toujours vêtus de noir, les popes ne le sont pas de blanc ; ils mêlent seulement au noir des couleurs brunes ou foncées. Moines et popes portent également une longue barbe et de longs cheveux ; le

  1. Voyez la Revue des 15 août, 15 septembre, 15 octobre 1873,15 janvier, 1er mars et 1er mai 1874.