Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/636

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renoncer ; mais en découvrant ainsi ce qu’il n’avait point cherché, il se voyait de nouveau glisser des mains le problème des parallaxes annuelles. Sa découverte expliquait trop bien les anomalies que les meilleurs instrumens permettaient alors de saisir dans les positions des étoiles fixes : les observations, corrigées des effets de la nutation et de l’aberration, ne présentaient plus d’écart qu’on pût attribuer à un effet de parallaxe, et qui permît de calculer la distance d’une étoile.

Il ne faut pas perdre de vue ici que toutes les observations astronomiques sont affectées de petites erreurs qui dépendent des saisons, et dont les causes principales sont l’influence variable de la température sur les diverses parties de l’instrument, les changemens de la réfraction atmosphérique, et en général les conditions différentes où se trouve l’observateur à des époques différentes de l’année. Ces influences, plus ou moins sensibles suivant les procédés d’observation dont on fait usage, sont extrêmement gênantes lorsqu’il s’agit de déterminer la valeur numérique de petits écarts qui ont également pour période l’année ; le plus souvent les deux ordres de perturbations se confondent au point qu’il est impossible de les séparer. Les sources d’erreurs de cette nature sont devenues un souci des plus graves pour l’astronome à mesure que les instrumens se sont perfectionnés. Il en résulte que, depuis qu’on a trouvé le moyen de mesurer les centièmes de seconde, il est plus difficile que jamais de faire de bonnes observations ; tous les efforts se concentrent sur la détermination de quantités que l’on négligeait autrefois comme infiniment petites, et les causes d’erreurs et d’incertitudes se sont aggravées dans une effrayante proportion.

Les méthodes d’observation qui sont le moins sujettes aux influences à période annuelle sont les comparaisons micrométriques par lesquelles on détermine la situation relative de deux étoiles voisines ; mais aussi elles ne peuvent donner que les différences des parallaxes de ces étoiles. Herschel s’engagea dans cette voie en choisissant pour ses comparaisons des couples formés de deux étoiles voisines de grandeurs très différentes ; en supposant la plus faible beaucoup plus éloignée de nous et par suite plus fixe que la plus brillante, on devait ainsi arriver à constater les écarts de cette dernière à peu près comme si elle eût été rapportée à un repère immobile. Cette hypothèse se trouva assez peu justifiée, car tout au contraire deux étoiles voisines et d’éclat très différent forment le plus souvent un couple physique et sont par conséquent à la même distance de l’observateur. Herschel n’eut bientôt plus de doute à cet égard. Au reste, comme dans le cas de Bradley, cette découverte valait celle qu’il ne fit pas : renonçant à déterminer les parallaxes, pour lesquelles d’ailleurs ses micromètres n’étaient pas