Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 11.djvu/679

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effets ne sont pas encore entièrement éteints. Les exploitations houillères et métallurgiques sont coutumières » en tous pays de ces maladies périodiques, mais bientôt les chiffres de production se relèvent, reprennent même leur marche ascendante, et les statistiques, considérées dans leur ensemble, par décades d’années, ne révèlent qu’un progrès continu.

On calcule qu’à la production de 2,800,000 tonnes de fonte de fer, qui a été celle des États-Unis en 1872, correspond à peu près l’extraction de 6 millions de tonnes de minerai, car le rendement moyen de celui-ci peut être estimé à 50 pour 100. C’est la Pensylvanie qui marche au premier rang dans la production du minerai comme dans celle de la houille et aussi dans la fabrication de la fonte, du fer et de l’acier. C’est d’ailleurs en Pensylvanie que pour la première fois a été tenté le traitement direct du minerai de fer par l’anthracite, procédé importé du pays de Galles, il y a trente-cinq ans, par un infatigable fondeur, M. Thomas, dont nous avons déjà cité le nom. Ses fils, qui le remplacent aujourd’hui, suivent intelligemment ses traces et ont gardé pour ainsi dire les secrets de sa méthode. A Haukendauqua, dans le comté de Lehigh, il nous fit visiter lui-même son usine. On jetait par l’ouverture supérieure dans la vaste capacité des fours des blocs tout entiers d’anthracite pesés d’avance, et le minerai et le fondant, également mesurés, étaient versés à brouettées par le même orifice. Le monstre digérait sa pâture avec une remarquable aisance. Il avait, comme tous les hauts-fourneaux, la forme d’une immense cuve faite de matériaux infusibles, réfractaires aux plus hautes températures. Dans le bas passait le corps des tuyères qui soufflaient l’air dans le foyer. Par une ouverture pratiquée sur le devant sortait, au moment de la coulée, la fonte limpide, étincelante, qui courait comme un fleuve de feu à travers les rigoles ménagées sur le sable de l’usine, où elle se figeait. Les minerais consommés étaient surtout extraits de localités voisines, de gîtes assez irréguliers, presque superficiels. Ils étaient de la classe des minerais dits peroxydes.

A 60 milles à l’ouest d’Haukendauqua, dans le comté de Lebanon, existe une montagne de fer renommée, celle de Gornwall, que nous visitâmes également. On y monte par un railway en colimaçon qui fait, le tour de la montagne. Celle-ci est composée presque entièrement de minerai ; elle en renferme une masse évaluée à 40 millions de tonnes, c’est-à-dire que l’on pourrait en exploiter pendant deux siècles 200,000 tonnes par an. C’est du minerai magnétique compacte, de couleur gris d’acier, rendant plus de 65 pour 100. Cet aimant naturel rappelle trait pour trait celui de la montagne Calamita à l’île d’Elbe. Il se trouve comme lui au contact de