Page:Revue des Deux Mondes - 1875 - tome 9.djvu/203

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quelques chances d’exécution depuis l’avènement d’une monarchie destinée sans aucun doute à ramener la paix intérieure. S’il se réalise dans de bonnes conditions avec un esprit d’équité vis-à-vis du capital étranger, dont le concours est indispensable, nul doute que les conséquences ne s’en fassent sentir en peu de temps au plus grand avantage de tous et principalement des finances publiques. Dans l’état actuel, on peut dire que la faible rémunération de l’argent consacré à la création des chemins de fer, le peu d’étendue de ces chemins eux-mêmes, la mauvaise organisation de quelques-unes des sociétés qui les possèdent, ne forment pas un des traits les moins significatifs du triste tableau qu’offre l’Espagne au point de vue de sa prospérité intérieure, et qu’après avoir été la conséquence de cette détresse le mauvais état des voies de communications n’a fait qu’en accroître encore les proportions.


III

Les finances de l’Espagne traversent donc une nouvelle et redoutable crise, et la situation des chemins de fer en présente un des symptômes les plus significatifs. Quelles chances d’amélioration subsistent ? Quelles mesures a priori peut-on indiquer pour porter remède au mal ? Les faits eux-mêmes répondent, et pour la question spéciale des chemins de fer l’application mesurée de la garantie d’intérêt, qui a produit en France de si merveilleux effets, parce qu’elle a été appliquée avec discernement, suffirait à déterminer le mouvement de capitaux nécessaires à la multiplicité de ces fécondes entreprises. Déjà, sur l’espérance d’un avenir meilleur, les cours si longtemps dépréciés des titres de chemins de fer espagnols ont regagné une plus-value considérable que l’avenir justifiera sans doute ; mais comment l’état pourrait-il consentir même à des avances momentanées en faveur des travaux d’intérêt général, si les finances publiques n’obtiennent pas avant tout des améliorations dont l’importance semble dépasser les espérances permises ? C’est en vain que l’administration aura été réformée, que la perception des impôts se fera avec une régularité suffisante, que de nouveaux arrangemens auront été conclus avec les créanciers de l’état pour consolider les dettes flottantes, ajourner les exigences trop lourdes et compenser par des plus-values de capital des diminutions d’intérêt ; comme après toutes ces mesures prises, et dans l’hypothèse même du plus grand succès possible, il y aura encore pour un temps plus ou moins long une différence entre les dépenses, si réduites soient-elles, et les recettes augmentées, on reviendra toujours à se demander si