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LES LIVRES ILLUSTRÉS.

Venise, par M. Charles Yriarte, 1 vol. grand in-8° orné de gravures; Rothschild. Amsterdam et Venise, par M. H. Havard, 1 vol. in-8° orné de gravures; Plon.


Venise exerce un charme si grand sur ceux qui l’ont visitée une fois, qu’ils éprouvent toujours le désir d’y retourner pour admirer encore ce beau ciel et les monumens que les âges ont accumulés sur la lagune de l’Adriatique. Ce désir du retour qu’éprouve le voyageur est bien plus grand encore chez l’écrivain qui une première fois a entrepris de raconter un épisode de l’histoire de la république de Venise. Aussi n’est-il pas étonnant que M. Yriarte, après nous avoir donné la Vie d’un patricien de Venise au seizième siècle, publie maintenant l’Histoire de Venise. Après nous avoir dit ce qu’a été le rôle de la reine de l’Adriatique aux différentes époques de sa puissance, il la montre de jour en jour plus riche, plus civilisée, et, en nous promenant au travers de la ville, nous fait connaître les chefs-d’œuvre qu’elle contient. Saint-Marc, le palais des Doges, les églises des Frari, San Giovanni e Paolo, et tant d’autres monumens nous arrêtent dans cette promenade, et nous charment pendant de longues heures; on pourrait rester des jours entiers à admirer la cour du palais des Doges, l’escalier des Géans, les citernes en cuivre ciselé par Alberghetii.

M. Yriarte ne se contente pas de nous entretenir du Carpaccio, du Giorgione, du Titien; il a joint à son livre des gravures qu’il a dessinées lui-même sur les lieux, pour nous donner une idée des œuvres dont il parle. Cette nouvelle histoire de Venise est fort complète, surtout au point de vue des arts; cependant les mœurs, elles aussi, n’ont pas été oubliées, et il est fort question du carnaval de Venise, de ce qu’il était autrefois, de ce qu’il est maintenant, et la vie quotidienne du Vénitien est décrite avec soin. Les arts industriels, le verre aujourd’hui, l’imprimerie autrefois, ont leur page, et M. Yriarte a eu soin de nous donner des fac-similé du Théâtre de Térence, du Maître aux dauphins, que les Alde et les grands imprimeurs de Venise publièrent. Il a fallu de longs travaux, des voyages nombreux, une connaissance parfaite de Venise, pour écrire ce volume, qui rencontrera certainement un succès mérité, surtout aux approches du 1er janvier.

Dans son livre sur Amsterdam et Venise, M. Havard se plaît à comparer ces deux villes, et nous raconte à ce propos des anecdotes fort curieuses au point de vue des mœurs de ces deux républiques. Lorsqu’on arrive à Amsterdam, on est moins impressionné, car on y retrouve la vie de nos grands ports de mer, et les monumens historiques sont en quelque sorte plus difficiles à découvrir : il faut les chercher pour les rencontrer, tandis qu’en débarquant à Venise sur le quai des Esclavons