Page:Revue des Deux Mondes - 1877 - tome 20.djvu/60

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


religieuses sont l’objet d’attaques ardentes dans les pays catholiques, elles tendent au contraire à se développer et à se fortifier dans les pays protestais. Il y a longtemps qu’en Allemagne on emploie les diaconesses de Kaiserswerth dans le service hospitalier ; mais, pour ne pas sortir de l’Angleterre, de véritables communautés religieuses y ont été fondées dans ces derniers temps. Sans parler des diaconesses du diocèse de Londres (London Diocesan Deacones Institution) et des diaconesses de Mildmay House, dont l’institution à un caractère moitié religieux, moitié laïque, la communauté de Saint John Home, qui compte 115 sœurs, soigne les malades des deux hôpitaux de King’s-College et de Charing-Cross. Les sœurs de Saint John House ont une règle plus stricte que celle des diaconesses, moins stricte que celles des sœurs d’All Saints, de Saint Peter, de Saint Saviour, qui soignent également les malades soit dans leurs propres hôpitaux, soit dans les hôpitaux généraux de Londres. Ces communautés se rapprochent plus ou moins des communautés catholiques par leurs statuts, par leur costume et même par certaines pratiques religieuses ; toutefois il règne sur leur organisation intérieure, sur la nature et l’étendue des engagemens que les sœurs prennent, un certain mystère dont il n’est pas aisé de soulever le voile. Ces communautés ne sont pas vues en effet de très bon œil par tout le monde. Si on est d’accord pour rendre hommage au bien qu’elles font, on fait des réserves « sur leur caractère ecclésiastique. » On les accuse de prononcer en secret les trois vœux catholiques : obéissance, pauvreté, chasteté. Tout récemment une personne distinguée qui s’est beaucoup occupée des questions relatives à l’assistance publique, miss Stephens, a écrit un livre tout exprès pour se prononcer contre ces congrégations. Après avoir contesté qu’elles remplissent mieux leur tâche que des associations laïques, elle s’efforce de les enfermer dans ce dilemme : ou bien vous vous conformerez exactement au modèle que vous offrent les communautés catholiques et alors vous serez inconséquens (inconsistens) avec les principes de votre foi religieuse, ou bien vous vous écarterez de ce modèle et alors vous ferez moins bien. On voit que l’existence de ces communautés soulève une question théologique aussi bien qu’une question d’assistance, et que leur avenir dépend en partie du dénoûment de la crise que traverse en ce moment l’église anglicane. Mais, à ce double point de vue, il y a là un fait assez intéressant pour que j’aie cru devoir le signaler en passant.

Si depuis vingt ans le personnel des gardes-malades s’est considérablement amélioré dans les hôpitaux de Londres, il n’en est pas de même dans les infirmeries des workhouses : le nombre de celles qu’on appelle des trained nurses, c’est-à-dire qui ont reçu une