Page:Revue des Deux Mondes - 1877 - tome 22.djvu/459

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millions. Dans les budgets de 1876 et de 1877, la contribution pour la garde républicaine et les dépenses des sapeurs-pompiers sont inscrites pour le même chiffre qu’en 1869 ; mais celles de la garde nationale, qui figuraient avec elles dans le budget de 1869, ont été supprimées ; les dépenses de l’instruction primaire s’élèvent à plus de 10 millions, auxquels il faut ajouter encore 800,000 francs pour des institutions spéciales.

Depuis 1871, la ville a donné 26 millions et en ajoutera encore 5 pour les dépenses matérielles de l’instruction primaire. Elle a achevé les écoles Turgot et Colbert, créé l’école Lavoisier et l’école Jean-Baptiste Say, elle va en ouvrir deux autres au quartier du trône et au quartier Monceau ; elle a acheté l’école des apprentis de La villette. Elle a déjà, avec les sommes dépensées, augmenté de 56,000 le nombre des places des enfans dans les écoles. Il faudrait rapprocher de ces sacrifices ceux que la charité religieuse ou laïque multiplie pour l’ouverture d’internats et d’externats où sont appliquées les méthodes les plus ingénieuses d’enseignement, pour se faire une idée sommaire de tous les progrès réalisés à Paris en vue de l’instruction publique. Un sujet aussi important mériterait une étude spéciale et approfondie et ferait bien ressortir l’injustice des récriminations de nos radicaux contre ce qu’ils appellent les menées cléricales. Le conseil municipal, qui n’a pas craint d’afficher des opinions détestables en retranchant une grande part du chapitre relatif aux cultes, en supprimant quelques allocations à des œuvres de bienfaisance religieuse, n’en arrêtera point le développement et n’a fait tort qu’à lui-même. Dans le budget de 1877, les établissemens de bienfaisance réclament encore près de 13 millions. La préfecture de police en absorbe 20 : partout il y a progression. Cependant, quand on revoit les comptes réglés pour les exercices antérieurs à 1870, on serait tenté de croire que les dépenses actuelles sont dans leur ensemble en décroissance, le service de la dette excepté ; mais il ne faut pas oublier que dans les dépenses ordinaires on a toujours fait figurer, de 1860 à 1869, les grands travaux, dont le coût moyen a varié de 56 à 136 millions, et qui en nécessitaient encore plus de 99 la dernière année, tandis que les travaux d’entretien sont seuls inscrits dans le budget ordinaire actuel. Le total de 204 et de 214 millions en 1876 et 1877, mis en regard des 212 et 241 millions de 1868 et de 1869, présente donc une réelle augmentation. Grâce à cette absorption des grands travaux, dans l’ensemble des dépenses ordinaires, tandis qu’il aurait fallu comme on le fait aujourd’hui, en composer un budget extraordinaire, tout le service d’entretien et d’amélioration de ce qu’on pourrait appeler l’existence physique et matérielle de Paris,