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LA PENALITE
ET LES
COLLISIONS DE DROITS
D'APRES LA SCIENCE SOCIALE CONTEMPORAINE

I. Holtzendorf, das Verbrechen des Mordes und die Todesstrafe, Berlin, 1875. — II. Ad. Franck, Philosophie du droit pénal. — III. E. Caro, Problèmes de morale sociale. — IV. Cesare Lombroso, l’Uomo delinquente, in rapporto alla antropologia, giurisprudenza e alle discipline carcerarie, Turin, 1878. — V. P. Siciliani, Socialismo, Darwinismo e Sociologia moderna. Le Questioni contemporanee, Bologne, 1879. — VI. Lucien Brun, Introduction à l’étude du droit, 1879. — VII. Ch. Périn, les Lois de la société chrétienne, 2e édition.

« Large est le cerveau, étroit est le monde, dit Schiller dans Wallenstein ; les pensées n’ont pas de peine à subsister les unes à côté des autres, mais les choses s’entre-choquent durement dans l’espace ; partout où une chose prend sa place, une autre chose doit céder. Pour ne pas être chassé, il faut chasser soi-même ; la lutte règne, et c’est la force qui triomphe. » Le monde de l’espace et du mouvement, le monde de la pratique, est en effet celui des collisions de toute sorte entre les volontés. Notre liberté est liée à un corps qui ne peut exister sans une place qu’il occupe au sein de l’étendue, sans le pouvoir de changer de lieu, sans le travail, sans la transformation des objets extérieurs pour son usage, sans de perpétuels emprunts à la nature. Alors se développe pour la liberté une série de servitudes, c’est-à-dire de fatalités : à une première une seconde vient se joindre, et on peut dire que la chaîne est sans fin. Les conflits éclatent entre une liberté physique et une autre : un