Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/359

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la découverte de la métallothérapie n’est pas tout à fait récente. Il y a près de vingt-cinq ans, M. Burq avait affirmé que l’application sur la peau de certains métaux, or, argent, cuivre, zinc, guérissait les névralgies, les migraines, les paralysies. Cependant personne ne songea à vérifier scientifiquement cette étrange allégation. On ne parla plus du docteur Burq. Lui cependant continua à soutenir que le traitement des maladies nerveuses par les métaux faisait obtenir des cures merveilleuses. Il est probable qu’il aurait ainsi prêché dans le désert jusqu’à la fin de ses jours, si M. Charcot n’avait songé à refaire ses expériences. Or il se trouva qu’elles étaient exactes, au moins en partie. Si l’application de métaux ne donne que des résultats médiocres dans beaucoup de maladies nerveuses, il n’en est pas moins vrai que chez les hystériques, et en particulier celles qui sont anesthésiques, ce mode de traitement modifie singulièrement les symptômes de la maladie. Il suffit d’appliquer sur la région insensible des pièces d’or, ou d’argent, ou un autre métal, pour que, quelques heures après, la sensibilité soit complètement revenue ; certaines malades guérissent avec l’or, d’autres avec l’argent, d’autres avec le zinc ou le cuivre : aussi le procédé thérapeutique qui consiste à appliquer sur la peau des pièces de métal a-t-il reçu le nom de métallothérapie.

Quelque étranges que puissent paraître ces faits, ils ont été maintenant trop de fois vérifiés, tant en France qu’à l’étranger, pour qu’on puisse les révoquer en doute. Du reste, des recherches ultérieures ont révélé de quelle manière agissent les métaux lorsqu’ils sont appliqués sur la peau. Il se développe, par suite du contact entre le métal et la peau humide, imbibée de sels, de très faibles courans électriques. Ces courans, trop peu intenses pour être sentis, sont assez puissans cependant pour modifier l’état des nerfs sensibles, de sorte qu’ils font disparaître l’anesthésie, et rétablissent la sensibilité. L’expérience a été faite directement, et a rendu très probable cette hypothèse, que la métallothérapie n’agit qu’en donnant naissance à de très faibles courans électriques, courans qui excitent les nerfs sensibles paralysés et font renaître la sensibilité.

Les aimans peuvent être assimilés à des courans électriques faibles. Or l’action de l’aimant sur la peau insensible paraît être à peu près la même que celle des métaux. Les phénomènes sont extrêmement nets ; mais au lieu de guérir l’anesthésie, les aimans la modifient en ce sens que l’anesthésie d’un côté disparaît pour passer de l’autre côté : c’est ce qu’on a appelé le transfert. Si, par exemple, à une malade insensible du côté droit on applique un aimant, au bout d’une demi-heure, par exemple, le côté droit sera