Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/384

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la croissance de l’herbe, on s’adonne à la production du cheval percheron ou de trait léger, si estimé du monde entier. Les environs de Paris sont surtout consacrés à la culture maraîchère, qui exige beaucoup de main-d’œuvre, mais qui par contre est très lucrative. La Champagne et l’Auxerrois sont moins fertiles, quoique possédant les vignobles renommés qui en font la richesse. La partie comprise entre Sézanne, Châlons et Troyes, est une plaine crayeuse et stérile qui a mérité autrefois le nom de Champagne pouilleuse, mais que des plantations de pins ont aujourd’hui à peu près transformée. La Haute-Marne est en partie couverte de bois.

Cette région, dont l’étendue totale est de 4,551,133 hectares, renferme 3,143,850 hectares de terres labourables, 123,143 hectares de vignes, 856,810 hectares ; de forêts, parmi lesquelles figurent celles de Fontainebleau, de Saint-Germain, de Rambouillet, qui ont un caractère véritablement historique. Le surplus est en prairies naturelles, pacages ou terres incultes. Les petites exploitations dominent dans les départemens de la Seine et de Seine-et-Oise, où prévaut également, surtout pour la culture maraîchère, le faire-valoir direct. Le fermage au contraire est préféré pour les grandes et les moyennes exploitations, qui sont assez nombreuses dans les autres départemens.

La région des plaines du centre est formée par les départemens de la Sarthe, du Loiret, du Loir-et-Cher, de l’Indre-et-Loire, de l’Indre, de l’Allier, du Cher et de la Nièvre. C’est un immense plateau traversé par les vallées de la Loire et de ses affluens, et limité au nord-est par les montagnes du Morvan. Le climat est tempéré, mais humide et peu salubre dans certaines parties marécageuses.

La vallée de la Loire est une immense prairie coupée par des rideaux de peupliers et encadrée de collines couvertes de vignes et de forêts, au milieu desquelles surgissent les créneaux et les poivrières de nombreux châteaux. Il y en a de tous les styles et de toutes les époques, car de tout temps les heureux de ce monde ont été séduits par les pittoresques beautés de cet incomparable paysage. Le plus souvent, le fleuve traîne ses eaux paresseuses à travers les bancs de sable, mais parfois il s’enfle, crève ses digues et envahit la vallée emportant récoltes et bestiaux ; la terre est si productive et le cultivateur si patient, qu’au bout de peu de temps il n’y paraît plus.

Au sud de la Loire, entre Tours, Orléans et Bourges, où le sol sablonneux repose sur un sous-sol d’argile imperméable, la campagne offrait, il y a peu d’années encore, l’aspect désolé d’une vaste lande entrecoupée d’étangs. Telle était la physionomie des plaines du Berri et de la Sologne, dont la population, misérable et minée par la fièvre était groupée en villages épars, formés de masures à toits de chaume, et cultivait avec peine quelques champs de