Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/420

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I. Compayré, Histoire critique des doctrines de l’éducation en France depuis le XVIe siècle ; Paris, 1879, 2 vol. — II. H. Spencer, de l’Education intellectuelle, morale et physique, trad. française ; Paris, 1878. — III. Bain, Education as a science ; Londres, 1879.


Jamais peut-être les questions d’éducation et d’enseignement ne se sont plus imposées aux préoccupations de la France que depuis quelques années. A plusieurs reprises déjà, d’autres et de plus autorisés que nous ont entretenu les lecteurs de la Revue des réformes qui s’accomplissent ou qu’il serait désirable de voir s’accomplir à tous les degrés de l’enseignement ; nous ne risquerons pas d’affaiblir, en le répétant, ce qu’ils ont dit excellemment, notre seul but est de rappeler ici, à propos d’un travail récent et remarquable, les phases diverses qu’a parcourues, depuis trois siècles, l’histoire de l’éducation en France, et de dégager, s’il se peut, du conflit des systèmes, les points essentiels de la science pédagogique.


I

Ce ne sont pas les écoles qui ont manqué au moyen âge ; ce fut l’intelligence de ce qu’il convient d’y enseigner, ce fut aussi et surtout cet amour tendre, éclairé, de l’enfance, sans lequel l’œuvre sacrée de l’éducation est impossible. Philosopher sur les mots et les pensées sans examiner les choses elles-mêmes ; subtiliser, piétiner sur place, disputer à perte de vue, telle fut pendant près de cinq cents ans la principale occupation de l’esprit humain. On a pu, à la suite de Leibniz, recueillir quelques parcelles d’or pur dans le fumier de la scolastique : il reste vrai que toute cette longue époque fut à peu près stérile pour le progrès intellectuel. Elle a produit de grands hommes, mais pas une œuvre qui ait mérité de traverser