Page:Revue des Deux Mondes - 1880 - tome 37.djvu/459

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2,753 kilomètres de chemins de fer en exploitation, appartenant à trente et une lignes distinctes.

Sur ces trente et une lignes, l’état en exploitait deux représentant 661 kilomètres [1] ; l’industrie privée exploitait le reste ; la voie large (1m, 60) était représentée par six lignes (1,1M kilomètres), dont quatre rendaient de 5 à 12 pour 100, une 3 pour 100 et dont la sixième (Bahia au San Francisco) était en déficit [2] ; sur les vingt-huit lignes exploitées par l’industrie privée, trois seulement [3], situées dans la province de Sao Paulo, ont été construites sans le secours de l’état ; toutes les autres participant à une garantie d’intérêt de 7 pour 100 donnent (sauf les quelques rares lignes en déficit) une rémunération très large aux capitaux engagés ; le trésor seul souffre des insuffisances de rendement. Il a dû payer de ce chef plus de 3 millions de francs pour l’exercice courant. Tant qu’il mettra à l’exécution de ses engagemens la fidélité qu’il a toujours apportée jusqu’à présent à les remplir, les capitaux étrangers n’ont que de beaux bénéfices à réaliser. C’est donc le crédit de l’état lui-même dont la solidité intéresse les capitalistes.

Le gouvernement a entrepris la construction de six chemins de fer, trois directement par ses propres ingénieurs [4], trois par des entrepreneurs sous la direction de ses ingénieurs [5] ; enfin, outre la ligne du Pedro II, il exploite celle de Baturite, dans la province de Ceara, déjà en trafic sur 44 kilomètres, et qui promet d’être une des plus productives du Brésil par le fait qu’elle traverse des terres à café.

On a très vivement critiqué dans la presse et dans le parlement les résultats de l’exploitation du Dom Pedro II. On a reproché à l’éminent directeur de ce chemin, M. Passos, de laisser les frais d’exploitation augmenter dans d’énormes proportions ; il se défend avec succès dans son rapport pour 1878 [6], en démontrant que, l’année précédente, les réparations de la voie ont absorbé des sommes

  1. Chemin de Baturite 40 kilomètres, chemin de Pedro II 621 kilomètres : ensemble 661 kilomètres.
  2. Lignes à voie de 1m, 60 :
    Pernambuco an San Francisco, rendant 3 1/2 pour 100. — Bahia au San Francisco, en déficit — Dom Pedro II, rendant 5 1/2 pour 100. — Santos à Jundiahy rendant 12 pour 100. — Jundiahy à Campinas et Campinas au Rio Claro, rendant 8 1/2 pour 100.
  3. Lignes construites sans subvention ni garantie d’intérêt, province de Sao Paulo (Campinas au Rio Claro, Mogy Guassu, Cardeiro au Lesne).
  4. Lignes construites par les ingénieurs de l’état, province de Ceara (Baturite, Sobral), province d’Àlagoas (Paulo Affonso).
  5. Lignes construites par entrepreneurs sous la direction des ingénieurs de l’état, Rio Grande do Sul, prolongement de Pernambuco au San Francisco, Bahia au San Francisco.
  6. Estrada de forro Dom Pedro II. — Relatorio do anno 1878.