Page:Revue des Deux Mondes - 1881 - tome 46.djvu/245

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de crédit français auxquels le gouvernement italien s’est adressé ont pu se demander si le moment était bien choisi pour opérer sur notre stock métallique, après les pertes imposées par deux mauvaises récoltes successives, un drainage d’une telle importance.

Le gouvernement italien, sur le refus de la maison Rothschild de se charger à l’heure présente de l’emprunt italien, a décidé de passer outre. Il s’est entendu avec la Banque Nationale d’Italie, et celle-ci travaille à constituer en France, en Angleterre et en Allemagne, de grands syndicats de participation. La Banque d’Escompte dirigera le syndicat français. En Angleterre, il paraît probable que MM. Baring et Hambro accepteront la mission d’organiser une souscription publique. En attendant, l’italien est tenu avec fermeté aux environs de 94 francs.

Comment sera résolue la question des reports ? Comme la spéculation paraît être passée un peu brusquement d’une confiance téméraire à une inquiétude un peu vive, on peut croire qu’elle s’est exagéré le péril, et que les acheteurs, après avoir payé 0 fr. 60 pour faire reporter du 5 pour 100 cinq ou six jours avant le 1er juillet, n’auront pas à subir des conditions sensiblement plus dures le jour même de la liquidation.

S’il en est ainsi, la situation du marché comportera encore un peu de hausse en juillet, malgré le ralentissement général des affaires et le départ d’un grand nombre de spéculateurs. Les établissemens de crédit ont toujours de gros stocks de valeurs à écouler ; plusieurs affaires importantes sont en cours de réalisation ou en voie de préparation. Toute la haute banque est intéressée à la fermeté des cours, et il faudrait de graves événemens pour contrarier l’effet du concours de tant de bonnes volontés. Il est vrai que le 16 juillet devra être effectué un versement de 200 millions sur l’emprunt en rente amortissable. Mais la Banque de France prêtera cette fois encore à la place le précieux appui de ses immenses ressources, et ce versement ne pèsera pas dès maintenant sur les transactions.

L’attention du monde financier s’est portée à peu près exclusivement pendant cette quinzaine sur les rentes françaises et sur le 5 pour 100 italien. Il ne s’est produit sur les valeurs que des mouvemens isolés, motivés par des raisons spéciales. L’action de la Banque d’escompte, si longtemps immobile aux environs de 800 francs, s’est rapprochée du cours de 900 francs, à raison de la part très importante qu’elle a eue dans toutes les négociations relatives à l’emprunt italien. L’Union générale a progressé encore d’une cinquantaine de francs, conséquence naturelle de la sûreté avec laquelle cet établissement poursuit l’exécution du programme que se sont tracé ses directeurs à l’aide des institutions fondées sous son patronage à Pesth et à Vienne. Le Crédit foncier s’est élevé peu à peu de 1,740 à 1,780 francs. Le conseil d’état n’a pas encore approuvé l’augmentation du capital de cette société par l’application des réserves, mais les acheteurs escomptent l’effet favorable que