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REVUE LITTERAIRE

LA CASUISTIQUE DANS LE ROMAN

I. Récits andalous, par don Juan Valera ; Paris, 1879, Calmann Lévy. — II. Le Commandeur Mendoza, par don Juan Valera ; Paris, 1881, Ghio.

L’homme d’esprit, — diplomate, conseiller d’état, député, sénateur, un peu ministre même, académicien, traducteur, journaliste, critique, poète et enfin romancier, — dont nous venons d’écrire le nom, n’est pas un inconnu pour les lecteurs de la Revue. Certainement, ils se souviennent, ou, si par hasard ils l’avaient oublié, ce nous serait un devoir, avant tout de leur rappeler qu’il y a quelques années[1] un de nos collaborateurs, Louis-Lande, qui depuis, en des circonstances mystérieuses, a payé de sa vie l’intérêt d’ardente curiosité qu’il portait aux choses d’Espagne, leur avait présenté l’auteur de Pépita Jimenès . Ce récit de mœurs était le début de don Juan Valera dans le roman, d’autant plus digne d’être signalé que les romans de mœurs ne passent pas pour nombreux en Espagne et que, parmi leur petit nombre, quand on en a distingué cinq ou six qui méritent l’honneur de franchir les monts, il semble que ce soit déjà beaucoup. Les réputations littéraires ne s’élèvent plus sur ce fondement dans la patrie de Cervantes. Il y aurait même lieu d’examiner, à ce propos, pourquoi, depuis

  1. Voyez la Revue du 15 janvier 1875.