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II. LA MONARCHIE DE JUILLET, LA RÉPUBLIQUE DE 1848. (I834-1851) [1]


I

En arrivant à Paris quatre ans après la révolution de juillet, M. Dufaure se trouvait dans une situation d’esprit qu’il importe de définir, parce qu’elle exprime assez exactement ce que ressentait une partie de la génération à laquelle il appartenait.

Sincèrement attaché aux formes constitutionnelles, il avait accueilli le changement de dynastie comme le renouvellement solennel d’un contrat scellant l’alliance entre le roi et la nation qui l’avait élu. Toutes les convictions formées, toutes les espérances conçues sous la restauration, il les avait vues arriver au pouvoir avec les hommes de son âge et de son temps. Comme eux, il avait entamé dès la première heure la lutte contre l’anarchie, n’admettant pas qu’à la faveur des événemens de 1830 le désordre s’installât sur la place publique. Le péril d’une opposition qui arrive aux affaires est de ne pas comprendre l’esprit de gouvernement et de le confondre avec l’abus du pouvoir. Ce fut la gloire de Casimir Perier, de ses collègues et de ses successeurs de demeurer de grands libéraux en assurant l’inflexible

  1. Voyez la Revue du 1er avril.