Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/381

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LES RÉFORMES NÉCESSAIRES.

Peu de princes, en montant sur le trône, ont trouvé devant eux une mission aussi vaste et aussi compliquée que le fils d’Alexandre II. Lourd assurément était l’héritage de Nicolas en face des zouaves de Napoléon III et des highlanders de la reine Victoria campés sur les classiques rivages de la Tauride, avec vingt millions de serfs courbés sur la glèbe et le prestige impérial évanoui au dedans comme au dehors. Malaisée apparaissait la tâche de celui que son peuple devait un jour appeler le tsar martyr ; mais, si vaste et complexe qu’elle semblât, on savait au moins par quel bout la prendre. Faire la paix et préparer l’émancipation des serfs, tels devaient à tous les yeux être les premiers actes du nouveau règne. Aujourd’hui, au contraire, plus de paix à signer, plus de serfs à libérer ; tout mis en question par l’opinion, par les bombes révolutionnaires, par le scepticisme général, et aucune réforme initiale nettement indiquée par les circonstances, aucune grande mesure imposée par la logique des faits. Comme son père, en 1855, Alexandre III a bien, lui aussi, une