Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/460

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Pot-Bouille, par Emile Zola ; Paris, 1882, Charpentier.


Il faut convenir que le public, et la critique même, ont parfois, en France, de singuliers accès de pharisaïsme et de pudibonderie. L’une, en effet, il n’y a pas si longtemps encore, a loué l’Assommoir jusque par-dessus les nues, et l’autre, comme pour ne pas demeurer en reste, a bravement poussé Nana jusqu’à la cent-seizième édition ; cependant Pot-Bouille paraît ; et c’est aussitôt, de tous côtés, un déchaînement d’indignation, où sans doute nous ne pouvons qu’applaudir, l’attendant pour noire part, et même y travaillant, depuis déjà plusieurs années, mais dont nous avons bien aussi quelque raison de nous montrer étonné.

Car enfin, qu’y a-t-il et que s’est-il passé ? Les mots seraient-ils plus gros dans le roman de mœurs prétendues bourgeoises que jadis dans le roman de mœurs soi-disant populaires ? ou les choses plus malpropres aujourd’hui, dans ce Pot-Bouille, qu’elles n’étaient autrefois dans cette Nana ? et M. Zola, par hasard, aurait-il enfoncé plus avant que jamais dans l’ignoble ? Je ne le crois pas, quoi qu’on en ait dit. Les Boche, de l’Assommoir, valaient bien, à mes yeux, les Gourd, de Pot-Bouille, et je ne vois point, pour ma part, que le marquis de Chouard ou. le comte Muffat le doivent céder à l’oncle Bachelard