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villes ayant actuellement plus de 20,000 habitans, et si nous comparons la population de ces villes en 1876 à leur population en 1801, nous trouverons qu’elle était :


En 1801 de 2,290,000
En 1876 de 6,236,733

Ainsi la population des grandes villes a triplé en soixante-quinze ans.

Reste donc la population, soit des petites villes, soit des campagnes. Pour suivre la méthode employée dans la statistique annuelle de la France, nous conviendrons d’appeler population urbaine la population totale des communes comprenant plus de 2,000 habitans agglomérés.

Nous pouvons faire ainsi trois classes parmi les populations françaises : il y a les villes ayant plus de 20,000 habitans ; puis les villes ou bourgs ayant moins de 20,000 habitans et plus de 2,000 habitans, et enfin les communes qui ont moins de 2,000 habitans.

On peut ainsi établir le tableau suivant :


En 1831 En 1876
Villes de plus de 20,000 habitans 2,857,860 6,236,733
Villes ayant moins de 20,000 habitans et plus de 2,000 habitans 3,834,163 5,723,091
Populations rurales 25,877,200 24,945,064

Si nous supposons que la population était de 100 en 1831, elle est respectivement en 1876 :


Grandes villes 219
Petites villes 149
Campagnes 96

La population rurale va donc en diminuant, tandis que la population des villes augmente, celle des grandes villes plus encore que celle des petites villes. Si, depuis 1831, la campagne avait augmenté de population autant que les grandes villes, il y aurait en France actuellement plus de soixante-quinze millions d’habitans.

Sur l’ensemble des départemens français, pour les deux tiers d’entre eux, la population rurale a diminué. Au contraire, il n’en est que deux qui aient vu diminuer leur population urbaine, et encore celte diminution est-elle insignifiante : le Tarn-et-Garonne a perdu 783 habitans, les Basses-Alpes, 316. C’est à ce chiffre minime