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XII. — TIBÉRIADE. [1].


Lorsqu’on arrive du mont Thabor, le premier aspect de Tibériade est plein de surprises et d’enchantemens. C’est après avoir traversé péniblement une série de plateaux secs et brûlés par le soleil qu’on aperçoit tout à coup, de l’extrémité du dernier d’entre eux, une sorte de petite mer enveloppée de la plus délicieuse des ceintures de montagnes, et qui ressemble, sous la lumière d’Orient qui illumine ses bords, à une nappe d’eau enfermée dans une vasque d’or. On est à Tibériade, au pays de Génézareth, à la patrie préférée de Jésus. L’émotion qu’on n’éprouve guère aux portes de Jérusalem, il est impossible de ne pas la ressentir en face de cet admirable paysage, où la nature répond complètement à la grandeur et à la grâce des souvenirs. La beauté des lignes générales, la splendeur des couleurs, le charme pénétrant de chaque détail, la majestueuse simplicité de l’ensemble, tout concourt à ébranler l’âme, à réveiller l’imagination que la Palestine avait engourdie. Le lac occupe le fond d’un bassin élevé sur lequel il reflète ses nuances les plus fines ; sa forme est celle d’un ovale qui serait assez régulier s’il n’était légèrement allongé vers le sud ; au nord, dans un horizon lointain, les sommets ravinés et neigeux de l’Hermon se découpent sur le ciel

  1. Voyez la Revue du 15 mai, du 15 juin, du 15 juillet, du 15 août et du 1er septembre 1881.