Page:Revue des Deux Mondes - 1882 - tome 51.djvu/962

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

Le marché financier a été très agité pendant la première quinzaine de juin ; non que l’importance des transactions se soit accrue, mais parce que de nouvelles causes de dépréciation sont venues se joindre aux influences défavorables qui avaient agi tout le mois dernier sur le mouvement des affaires. La spéculation, de plus en plus découragée, a conçu pendant un moment l’espoir qu’une prompte solution de la crise égyptienne opérerait dans les dispositions générales un heureux revirement. Une conférence européenne allait se réunir à Constantinople et de cette conférence sortirait le raffermissement de la tranquillité en Orient, en même temps que la restauration d’un ordre de choses régulier sur les bords du Nil.

Mais la réunion de la conférence a été ajournée, et l’envoi d’un commissaire turc au Caire a coïncidé avec une explosion du fanatisme arabe à Alexandrie, avec le meurtre d’un certain nombre d’Européens. Que cet événement soit de nature à hâter une solution, la spéculation, qui cherche partout un motif de reprise, est assez disposée à l’admettre. Mais provisoirement la situation se trouve aggravée, et un nouveau mouvement de baisse devait nécessairement se produire comme la conséquence logique des complications nouvelles de l’affaire égyptienne.

Dans ce mouvement général de réaction, le 5 pour 100, de nos trois types de rente, est celui qui a été le plus vivement atteint par suite de l’interprétation donnée pendant quelques jours au discours prononcé par. le ministre des finances à Saint-Quentin.

Quelques spéculateurs ont cru pouvoir tirer d’un certain passage de ce discours la conclusion que la conversion était proche, en même temps les vendeurs ont profité de l’occasion pour peser un peu plus violemment sur les cours. Le fait est que le 5 pour 100 a immédiatement perdu le cours de 116 francs où il se maintenait encore et a fléchi à 115.40 environ.

En réalité, le marché n’a pas encore à se préoccuper de la conversion, car les conditions posées par le ministre sont fort loin de leur réalisation. En admettant que l’horizon financier fût libre de tout nuage, du côté de la politique intérieure, aussi bien que du côté de la politique extérieure, il faudrait, pour que la conversion pût donner tous ses fruits en 1883 et 1884, que la chambre se décidât à renoncer à l’abus grandissant des crédits supplémentaires et extraordinaires.

Ces crédits sont la plaie de notre régime fiscal, et la façon dont le