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III. LA GALERIE DE TABLEAUX. [1]


I

Le musée de peinture est de création tout à fait récente. A part un certain nombre d’œuvres de l’école hollandaise, que le grand électeur avait héritées de la maison d’Orange, il faut aller jusqu’à Frédéric II pour rencontrer des acquisitions de quelque importance faites par les souverains de la Prusse. Encore Frédéric avait-il des goûts très particuliers et une prédilection assez exclusive pour Watteau et les autres maîtres élégans de l’école française, qu’il cherchait à accaparer. Le moment eût été propice cependant, car c’est alors qu’Auguste III de Saxe faisait acheter en Italie et en Hollande les chefs-d’œuvre qui ornent aujourd’hui la galerie de Dresde. Plus tard, en 1815, on se décida à acquérir la collection du marquis Giustiniani, composée surtout de maîtres de l’école de Bologne ; mais ce ne fut qu’en 1821 qu’une collection bien autrement remarquable, celle du banquier Solly, vint enrichir le musée de tableaux de premier ordre, parmi lesquels il faut, avant tout, citer les six panneaux des frères Van Eyck, aujourd’hui encore la plus précieuse de toutes les œuvres qu’il possède. A la suite d’un premier triage opéré dans ces divers achats et dans le fonds qu’on avait tiré des châteaux royaux,

  1. Voyez la Revue du 15 janvier et du 15 février 1882.