Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/244

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campagne très habilement préparée et très brillamment exécutée par nos généraux au Tonkin. On a appris quelques jours plus tard que l’amiral Courbet avait réussi à couler deux navires de guerre chinois.

Ainsi, les deux pays éprouvaient, dans leurs entreprises lointaines, des fortunes bien différentes ; pourquoi ce qui faisait tort au crédit de l’un aurait-il nui au crédit de l’autre ? Nos fonds publics ont donc laissé les Consolidés fléchir sans les suivre dans ce mouvement. Le 4 1/2 a monté de 109.65 à 109.85, pour revenir en dernier lieu à 109.67 ; le 3 pour 100 a gagné fr. 30 à 81.52 ; l’amortissable s’est tenu, avec de courtes fluctuations, aux environs de 83 francs. Le bruit d’un désaccord entre les gouvernemens de Londres et de Paris sur la question du riz, considéré par le dernier comme contrebande de guerre, a provoqué dans la journée de vendredi une réaction assez vive ; Les vendeurs, débordés sur tous les points, ont fait tous leurs efforts pour obtenir la réponse des primes à des cours un peu plus bas ? il est probable qu’ils auront au moins partiellement réussi. La spéculation abandonne de plus en plus le 4 1/2 pour se porter sur le 3 pour 100 perpétuel. Les fluctuations ont été plus larges, pendant toute la quinzaine, sur ce dernier fonds que sur le premier.

Au comptant, l’activité se ralentit. Les capitaux disponibles ont été employés et les achats de rentes et d’obligations diminuent. Cependant, alors que les cours des obligations de nos grandes compagnies sont restés stationnaires pendant la seconde quinzaine de février, les obligations du Crédit foncier ont été recherchées, notamment les Foncières 1877 et 1883, les Communales 1880 et 1884, et les Obligations 3 pour 100 de la Banque hypothécaire. Sur les obligations des chemins étrangers, calme complet ; les Autrichiennes seules présentent une légère plus-value de 2 à 3 francs.

Les fonds russes ont été très offerts à Londres et à Berlin sur le bruit que le gouvernement de Saint-Pétersbourg préparait un coup de main contre Hérat. Les journaux anglais ont sonné l’alarme. Il paraît qu’il ne s’agit pas de la ville même de Hérat, qui, pour l’instant, ne serait pas menacée, mais d’une simple rectification de frontières fondée sur des considérations économiques et ethnographiques. A Berlin, la spéculation a réagi contre la mauvaise humeur de Londres. Malgré cette reprise, toutes les catégories russes perdent encore un point et demi environ sur les cours du milieu du mois.

L’Italien s’est tenu à peu près aux mêmes cours depuis le 15. La politique coloniale a quelque peu nui à l’essor que prenait ce fonds vers le pair. Déjà trois expéditions sont parties pour la Mer-Rouge avec cinq mille hommes et des torpilleurs. Y aura-t-il une quatrième expédition ? La nouvelle en est presque chaque jour lancée, puis démentie. À Londres, on déclare que l’Angleterre et l’Italie ont entre