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VI. L’ITALIE EN 1887. — LA DIPLOMATIE FRANÇAISE EN ITALIE. — LA COUR DE ROME ET LA CONVENTION DU 15 SEPTEMBRE. — MAZZINI ET GARIBALDI. [1]


I. — L’ITALIE EN 1867.

Par la cession de la Vénétie, l’Italie avait constitué son unité territoriale ; le quadrilatère n’était plus une menace pour sa sécurité, mais un boulevard pour sa défense. La foi aveugle qu’elle avait en son étoile s’était justifiée ; tout lui avait réussi ; jamais les destinées d’un peuple ne s’étaient si rapidement accomplies. Du rêve elle avait, sans transition appréciable, passé à une glorieuse réalité. Tout avait conspiré en sa faveur, ses défaites l’avaient servie à l’égal d’éclatantes victoires. Il ne manquait à une aussi prodigieuse fortune, pour être à l’abri des retours, que la consécration du temps. Les œuvres hâtives souvent portent en elles les germes d’une inévitable décomposition. L’Italie, en 1867, inquiétait ses amis ; elle souffrait d’une trop rapide croissance, elle avait des emportemens,

  1. Voyez la Revue du 15 mars.