Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 75.djvu/320

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L’entrevue qui réunit à Pillnitz, au mois d’août 1791, l’empereur, le roi de Prusse et le frère du roi de France, a passé longtemps pour le premier acte de la coalition. On a vu, dans la déclaration qui s’en est suivie, la préface du manifeste de Brunswick. Il est parlé constamment, au cours de la révolution, d’un traité de Pillnitz et de ses articles secrets ; comme on n’en a point le texte et qu’on en ignore les dispositions, on le confond vaguement avec le prétendu traité de Pavie, dans lequel, un mois auparavant, l’Autriche, l’Espagne, la Prusse et la Russie se seraient partagé la France et l’Europe. Ce traité était l’œuvre d’un ingénieux faussaire, qui se fit croire de beaucoup de gens, même fort avisés, parce qu’il attribuait à chacun des contractans la part d’Europe que chacun convoitait véritablement. Nous savons aujourd’hui le fond et le détail de ces négociations. Si elles diffèrent très sensiblement de ce que la chronique les a faites, Pillnitz n’en marque pas moins une époque dans l’histoire de la révolution, et les événemens qui se rapportent à cette célèbre entrevue n’en sont pas moins intéressans à