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LES
ARAIGNEES

A côté des pages remplies des aventures des héros et des héroïnes de romans, qui amusent, égaient ou passionnent les gens qui recherchent la simple distraction de l’esprit ; tout près des écrits concernant des personnages historiques, récits faits pour captiver les âmes avides de s’instruire des événemens qui ont troublé, élevé ou abaissé les peuples ; à la place même où s’étalent des narrations de voyages divertissantes ou instructives, où se traitent de graves questions économiques qui intéressent le sort des nations civilisées, nous venons parler d’un sujet que la foule dédaigne, méprise, abomine. Il faut compter sur le sens délicat et sur la curiosité de la plupart des lecteurs de la Revue, nous y comptons. Il y a dix ans, on lisait une histoire des fourmis, les bêtes les plus laborieuses comme les plus sociables de la création[1]. Ne voudra-t-on pas aujourd’hui connaître un peu la vie des bêtes les mieux douées sous une infinité de rapports et les plus insociables qu’il y ait au monde : les araignées ?

En général, ces êtres inspirent répugnance ou aversion aux personnes qui n’arrêtent guère le regard sur de chétives créatures ; au contraire, ils émerveillent, séduisent, ravissent les observateurs de tous les genres. La raison de la répugnance demeure parfaitement obscure dans l’esprit de ceux qui éprouvent ou manifestent

  1. Voyez la Revue du 1er octobre 1875.