Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/121

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Mon bouclier et ma confiance,
C’est vous, ô Dieu, mon seigneur :
Sur vous je veux fonder mon espoir,
Ne m’abandonnez jamais ;
Afin que je puisse rester pieux,
Votre serviteur à toute heure !
Afin que je puisse chasser la tyrannie
Qui me perce le cœur.

De tous ceux qui m’oppriment
Et sont mes persécuteurs,
Mon Dieu, veuillez garder
Votre fidèle serviteur !
Qu’ils ne me surprennent pas
Dans leurs méchans desseins,
Qu’ils ne lavent pas leurs mains
Dans mon sang innocent !

Comme David dut fuir
Devant le tyran Saül,
J’ai dû, moi aussi, gémir
Avec maint gentilhomme.
Mais Dieu l’a relevé ;
Il l’a soutenu dans sa détresse,
Et lui a donné la couronne
Dans le grand royaume d’Israël.

J’ai goûté l’amertume,
Dieu, mon seigneur, me réserve maintenant ses douceurs
Auxquelles aspire fortement
Mon cœur de prince :
Je voudrais pouvoir mourir
Avec honneur sur le champ de bataille,
Afin de conquérir un royaume éternel
Comme un héros fidèle.

Rien ne me fait plus souffrir
Dans mon adversité
Que de voir appauvrir
Les bonnes terres du roi,
Que de te savoir opprimée par les Espagnols,
O ma noble et douce Néerlande.
Quand je pense à cela,
Mon cœur de gentilhomme en saigne !

Comme un prince monté à cheval,
Avec la force de mon armée,
Du tyran audacieux
J’ai attendu l’attaque.
Retranché près de Maestricht,
Il a redouté mon effort.
On vit alors mes cavaliers trotter
Courageusement à travers la plaine.