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merce avec d’autres puissances de l’Europe, il n’y a qu’un pas. Voilà la question ! Elle est espagnole assurément ; elle est aussi française, et elle touche à des intérêts politiques trop élevés pour n’être pas traitée dans un esprit supérieur d’équité et de ménagement entre deux nations unies par tant de traditions, par tant de liens de mœurs et de sympathies.

CH. DE MAZADE.




LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.




L’emprunt russe de 500 millions de francs 3 pour 100 a été émis le 15 courant à Paris et à Saint-Pétersbourg. Il a été souscrit à peu près exclusivement sur le marché de Paris, la Russie ayant demandé 200,000 titres sur un total de souscriptions s’élevant à plus de 7 millions d’obligations. L’Allemagne était exclue de la souscription publique et celle-ci n’a été ouverte que pour la forme à Amsterdam, à Londres et à Copenhague ; les demandes sur ces trois places ont à peine atteint 80,000 titres.

Le succès a été considérable puisque le montant offert, un million de titres, a été sept fois couvert. Cependant, comme il arrive toujours dans ces émissions où la spéculation a une part excessive, l’emprunt n’est pas classé. La réduction, à laquelle ont été soumises les demandes, a contribué elle-même à ce résultat fâcheux, en diminuant à tel point la quantité attribuée à chacun des souscripteurs, qu’un grand nombre de ceux-ci ont jugé inutile de garder ce qu’ils avaient obtenu.

Quant aux gros souscripteurs, auxquels était allouée une remise plus ou moins forte sur le prix d’émission, ils ont jeté sur le marché la part qui leur revenait, même à des cours inférieurs à celui de l’émission, afin de réaliser, sur une fraction de la remise, un bénéfice immédiat. Aussi l’emprunt russe, depuis la clôture de l’émission, est-il coté en perte, l’écart ayant atteint jusqu’à 2 1/4 ou 2 1/2 pour 100, soit 11 fr. 25 à 12.50 par obligation. Le titre de 15 francs de rente, offert à 398.75 aux souscripteurs, peut être acquis aujourd’hui sur le marché à 387.50, ou 77 1/2 pour 100.