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L’Empire-Céleste, ayant pris en pitié la situation du petit royaume, envoya alors leurs excellences Sam-To et Phong-Ma [1] à son secours ; à la suite des combats qui furent livrés à Lang-Son et à la porte-frontière de Nam-Quan, aucun rebelle français ne put regagner le delta. Les généraux chinois se préparaient à reprendre le Tonkin lorsque les Français, affaiblis par leurs défaites, demandèrent à faire la paix.

Le grand empereur, voulant éviter que de nouveaux malheurs vinssent accabler les populations annamites, donna alors son approbation à une décision par laquelle son excellence Ly’hông-Chûong autorisait les Européens à commercer, et à prêcher la religion catholique dans le royaume d’Annam. Ce sont les deux seules autorisations qui leur aient été données.

Les Français se sont soumis en apparence à cette décision ; mais, au fond, leurs intentions étaient fausses, car ils ont conservé le royaume d’Annam et en ont chassé le roi [2], puis ils ont promette leurs colonnes à tort et à travers.

De tout cela il est résulté une grande exaspération des esprits, partout on s’est soulevé : il y a bientôt dix ans que cette situation dure, en sorte que le pays est dans le désordre absolu.

En outre, ces rebelles français n’aiment pas combattre ; en revanche, ils sont très forts pour incendier ; ils arriveront ainsi à ne plus laisser pousser un brin d’herbe dans aucun village.

Toutes les nations de l’Europe haïssent ce peuple pour sa méchanceté et se moquent de son impuissance.

La France a contracté envers l’Angleterre une dette qu’elle s’est gardée de payer, elle doit aussi à la Russie et à la Prusse, et a également refusé de les payer ; par conséquent, il faut que justice soit faite de tant de méfaits.

Dans ce dessein, notre empereur nous envoie combattre les Français.

Les troupes fidèles qui opèrent sur le Fleuve-Rouge, auxquelles nous avons distribué 1,000 fusils, ont remporté successivement la victoire dans les combats de Thach-Koan, Bang-Y, Phuong-Lam (Cho-Bo) et Vu-Sai, de sorte que les rebelles s’affaiblissent de jour en jour.

Nous invitons maintenant les mandarins dont les troupes opèrent dans les provinces de Haïdzuong, Bac-Ninh, Sontay, Nam-Dinh, Ninh-Binh, Than-Hoa, Nghé-an et Ha-Tinh à venir conférer avec nous sur les mesures qu’il convient de concerter pour entreprendre une nouvelle campagne.

Depuis vingt ans environ, la Chine a établi des ateliers qui

  1. Noms des deux généraux chinois auxquels leurs compatriotes décernèrent le titre de vainqueurs de Lang-Son.
  2. Ham-Nghi.