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de 1892-1893, tous comptes compensés et toutes dépenses couvertes, laisserait un excédent de 2 1/2 millions.

L’impression favorable produite par le discours de Milan a porté immédiatement l’Italien à 88.75. La langueur générale du marché a fait depuis reperdre une partie de cette avance, à 8845.

L’Extérieure a été très éprouvée. Le bruit avait circulé, au moment de la liquidation, que l’entente était faite entre la Banque d’Espagne, le gouvernement espagnol et la maison Rothschild, tant sur le renouvellement d’une avance échéant fin décembre 1891, que sur un prêt en or à concéder à la Banque d’Espagne pour renforcer son encaisse métallique et arrêter les progrès de la hausse du change. Ces informations étaient tout au moins prématurées, et les négociations entre la maison Rothschild et la Banque d’Espagne sont même virtuellement interrompues. Entre temps, cet établissement a élevé à 4 ½ le taux de ses avances sur titres, ce qui a obligé un grand nombre de spéculateurs espagnols à liquider une partie de leurs positions et contribué à faire tomber le 4 pour 100 Extérieur à 63.

Au 31 octobre dernier, il y avait en caisse à la Banque d’Espagne1455 millions en or et 95 millions en argent, et le montant des billets en circulation est de 769 millions. Le tiers de 769 étant 256, l’encaisse métallique devrait être de 256 millions ; elle est seulement de 240, si l’on exclut le cuivre, les effets du jour et le métal chez les correspondans, chapitres qui ne devraient point figurer dans le compte de l’encaisse métallique. Ajoutons que pendant le mois d’octobre la dette flottante du trésor espagnol s’est augmentée de 26 millions de pesetas du chef de l’exercice courant 1891-1892. La situation est toujours très précaire, et le change à Madrid et à Barcelone s’est élevé à 13 pour 100.

L’accentuation de la baisse sur la rente Extérieure a eu son contrecoup sur les actions et obligations des chemins de fer d’Espagne, Nord, Saragosse et Andalous. La baisse est générale sur toute cette partie de la cote.

Le Portugais est arrivé à des cours que l’on ne peut expliquer que par la conviction d’une réduction immédiate ou très prochaine de l’intérêt de la dette. Il importe peu que le coupon de janvier soit encore intégralement payé, s’il est bien avéré que les suivans doivent absolument être réduits d’un tiers ou de moitié. Le gouvernement de Lisbonne a mis vainement en adjudication le monopole des allumettes ; aucune offre ne s’est présentée. Les négociations engagées avec la Banque de Paris pour la Compagnie des chemins de fer portugais ne progressent point. Là encore une réduction sur l’intérêt payé aux obligations paraît un élément essentiel de la solution.

Les nouvelles du Brésil font également tort au Portugal. Le