Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/547

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tard l’amiral, — désire-t-il de nuit « augmenter de voiles, » en d’autres termes, mettre bonnette à la voile, il montrera une lanterne allumée à mi-hauteur du château de poupe et ne la fera rentrer à bord que lorsque tous les navires auront répété le signal. Veut-il, au contraire, « diminuer de voiles, » c’est-à-dire oustre la bonnette, il allumera une lanterne à la même place, l’élèvera et la baissera continuellement jusqu’à ce qu’il lui soit répondu des autres navires.

Le vent continue de fraîchir ; il devient nécessaire « d’amener complètement les voiles, » — de les striker ou mainer à basse : deux lanternes seront allumées l’une à côté de l’autre, « au milieu de la nef. » Veut-on « rétablir la voilure » : on allumera, également au centre du vaisseau, trois lanternes. Se propose-t-on de « virer de bord » : deux lanternes apparaîtront sur le château de poupe ; on élèvera l’une, on abaissera l’autre alternativement, ne cessant de les mouvoir que lorsque le signal aura été compris.

« Une voile suspecte a été aperçue » : celui qui l’aura le premier découverte allumera une lanterne dans la grand’hune, en la coupelle ou la cage sur la grande arbre.

Ce n’est pas seulement un navire, ce sont plusieurs vaisseaux ; c’est une flotte entière dont on entend signaler l’approche : « on haussera et on baissera la lanterne de la coupelle autant de fois qu’il y aura de navires en vue. » Si la proximité des voiles étrangères exige un avis encore plus affirmatif et plus prompt, « on tirera autant de bombardes qu’on aura compté de vaisseaux. » Immédiatement, sans perdre une minute, sans attendre un nouveau signal, l’armée « serrera les distances et se tiendra prête à se mettre en ordonnance. » Le vaisseau le plus à l’ouest deviendra u le régulateur ; » il servira de guida et de pivot au ralliement. Pour se faire reconnaître, il aura soin de hisser une bannière au bout de la vergue, à tribord. Cette bannière, il la remplacera par une bannière arborée à bâbord aussitôt que le rassemblement sera effectué.

La vue de la terre se signalera de la même façon.

Le doute n’est plus permis : les voiles suspectes sont bien des voiles qu’il faut se préparer à combattre. Le capitaine de la flotte en transmet l’avis « à tous les patrons. » Il arbore : de jour, une longue flamme, — un pennon, — sur le devant du château de poupe ; de nuit, quatre lanternes placées deux par deux les unes au-dessus des autres. Au premier son des trompettes, on se hâte de prendre les armes, on se met en harnaise ; à la seconde sonnerie, chacun se range, sur l’ordre du patron et des « sous-capitaines, » à son poste de combat ; à la troisième fanfare, on arbore le pennon de la bataille sur le château d’avant. Alors, « au nom du Saint-Esprit, de