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Le gouvernement de l’Église et le Sacré-Collège en 1894


Il n’y a guère d’organisation plus intéressante, plus originale, que celle de l’Église catholique ; il n’y en a pas de plus universelle ; — et pourtant il n’y en a pas de plus mal connue. Quand on parle de l’Allemagne, ou de l’Angleterre, ou de l’Italie, tout le monde a quelque idée de l’empire allemand, de la constitution anglaise, ou du statut italien ; tout le monde même se représente, et presque physiquement, les hommes d’État dont les noms reviennent chaque matin et chaque soir dans les journaux : M. de Caprivi, lord Salisbury, lord Rosebery, M. de Rudini, à plus forte raison un Bismarck, un Gladstone, un Crispi. L’idée que nous nous formons des institutions n’est peut-être qu’à moitié juste, l’image que nous nous faisons des hommes ne leur ressemble peut-être que superficiellement, mais touchons-nous jamais le fond des choses ou le fond des âmes ? Pour ce qui est de l’Église catholique, on en ignore généralement et la structure et les ressorts ; et l’on ne se figure que vaguement, comme dans une lumière de vitrail ou dans une fumée d’encens, les hommes qui les font mouvoir.

On se sent bien, devant elle, en présence d’une grande force organisée, mais de l’organisation, on s’en occupe à peine. On ne voit que le côté extérieur, — s’il est permis de dire de l’Église qu’elle ait quelque chose d’extérieur et que ce soit précisément ce côté-là ; — en tout cas on ne voit que la hiérarchie religieuse, mêlée au siècle, archevêques, et évêques, et toute l’armée des