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Terre d’Espagne


II. SANTANDER. — BURGOS. — VALLADOLID. — SALAMANQUE


I. — DEUX ROMANCIERS. — LA BAIE DE NACRE [1]

Santander, 18 septembre.

La meilleure route, de Bilbao à Santander, c’est la mer. Le chemin de fer fait un immense détour, et descend jusqu’à Venta de Baños pour remonter au nord. Une ligne de vapeurs dont le service n’a lieu, malheureusement, que pendant les mois d’été, suit la côte cantabrique, et met les deux villes maritimes à cinq heures l’une de l’autre.

Dès que nous sommes sortis du Nervion, le bateau tourne à gauche, et file droit à l’ouest. Les montagnes, prolongement de nos Pyrénées, ont l’air toutes proches, cl sont sauvages, d’une belle teinte mordorée, sous le soleil levant, comme celles de la Sardaigne. Je ne vois pas de maisons, pas de cabanes de pêcheurs sur les falaises grises recouvertes de maquis, pas de champs cultivés. Quelques éboulemens de terre, aux flancs de ces solitudes montantes, indiquent des puits de mines. A peine, très distans l’un de l’autre, deux ou trois petits ports serrés entre les roches, penchant leurs toits de tuiles au-dessus de l’eau bleue. La mer est belle, aussi déserte que la terre. Une seule voile, pointue comme une aile, s’en va, splendide de lumière.

  1. Voyez la Revue du 1er février.