Page:Revue des Deux Mondes - 1897 - tome 143.djvu/715

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 septembre.


Depuis quinze jours, la situation s’est heureusement modifiée en Orient. Aux inquiétudes que nous exprimions alors doivent succéder des sentimens plus rassurés. Les préliminaires de la paix ont été arrêtés entre les puissances, et, certes, il était temps que le concert européen aboutît à des conclusions définitives. Cependant, tout n’est pas terminé. Le texte des préliminaires a été soumis à l’acceptation du sultan et cette acceptation ne s’est pas fait attendre ; mais il reste à le faire accepter par la Grèce, et c’est surtout de ce côté qu’on pourrait craindre quelques difficultés. Se produiront-elles ? Il faut espérer que non. Aucun doute sérieux n’est même possible à cet égard. La Grèce a commis trop de fautes dans le passé pour qu’il lui en reste encore à commettre. À défaut d’un parfait bon sens, cette nation est trop bien douée du côté de l’esprit ; elle a trop de finesse et de souplesse ; elle a, malgré de fâcheux écarts, une intelligence trop vive, et aussi trop prudente, pour ne pas tenir compte des leçons que les événemens lui ont données. L’émotion de la rue, émotion toute naturelle, ne gagnera pas le Parlement, ou du moins ne s’y traduira pas par des votes. La Grèce, — et le fait est rappelé dans la première ligne des préliminaires, — la Grèce a confié aux grandes puissances le soin de ses intérêts en vue du rétablissement de la paix : dès lors, elle a accepté par avance les conditions qui seraient mises à ce rétablissement. Elles sont dures, sans doute, mais elles n’ont rien d’imprévu. Les grandes puissances ont fait de leur mieux. Ce n’est pas leur faute si la guerre a éclaté : elles ont prodigué leurs avertissemens et leurs efforts pour empêcher l’ouverture des hostilités. Ce n’est pas leur faute si la Grèce, fermant l’oreille à leurs conseils, s’est jetée étourdiment dans la voie des aventures. Ce n’est pas leur faute si elle a été vaincue. Il a bien fallu se placer en face de cette situation, dans laquelle l’Europe n’avait aucune responsabilité, et en accepter les conséquences inévitables. Toutes celles qui ne l’étaient pas ont été écartées. Dans son