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LA BATAILLE DE LIGNY
1815

I
LES PLANS DE CAMPAGNE ET LE PASSAGE DE LA SAMBRE


I

Le 25 mars 1815, alors que les souverains nouaient à Vienne une septième coalition contre la France, ils avaient pour résister à une attaque soudaine de Napoléon en Belgique, tout au plus 90 000 soldats : 30 000 Prussiens, 14 000 Saxons, 23 000 Anglo-Hanovriens et 20 000 Hollando-Bolges[1]. Encore les Saxons étaient-ils disposés à se mutiner et devait-on craindre des défections chez les Hollando-Belges dont le plus grand nombre avait servi dans les armées françaises. Stationnés de Coblentz à Anvers, et au-delà, sur une étendue de 70 lieues, ces 90 000 soldats avaient dès le 15 mars commencé quelques mouvemens de concentration, mais ils n’auraient été réunis et prêts à livrer bataille que passé le 10 avril. Napoléon pouvait donc, le 1er avril, franchir la frontière belge avec 50 000 hommes, et trois jours après entrer à Bruxelles sans coup férir. Il n’aurait rencontré aucune résistance, le prince d’Orange et le général Kleist, qui commandait l’armée prussienne dans les provinces Rhénanes, ayant décidé d’opérer en cas d’attaque leur concentration à Tirlemont (11 lieues à l’est de Bruxelles).

  1. On sait que je ne suis point avare de références. Je les supprime pour la Revue. On les trouvera dans un prochain volume.