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Napoléon III


II. SON DESSEIN INTERNATIONAL [1]


I

Le tort de ceux qui ont regretté ou condamné, suivant qu’ils étaient favorables ou contraires, la politique extérieure de Napoléon III, de ceux surtout qui l’ont déclarée énigmatique, est d’avoir en quelque sorte retiré ce souverain des idées générales au milieu desquelles son esprit s’est formé et dont il a été plus tard un reflet, et, au lieu de le rattacher au mouvement de son temps, de le considérer comme une individualité solitaire ne relevant que d’elle-même.

Tout autre est-il en réalité. Et il n’est pas plus permis de juger le neveu en faisant abstraction des évolutions de l’esprit national depuis 1815, que de prononcer sur l’oncle sans tenir compte des idées, des sentimens qui avaient fait irruption dans le monde en 1789. En se plaçant dans cette donnée, rien de plus aisé à définir que ce sphinx.

On retrouve l’unité de sa pensée sous les courans en apparence contradictoires et la fermeté de sa volonté sous les indécisions passagères. Prenez les théories démocratiques telles que Lamennais, Armand Carrel, à la fin Lamartine, nos penseurs,

  1. Voyez la Revue du 15 février.