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ingérés avec les alimens par un nouvel hôte, éclatent dans l’estomac ou l’intestin et mettent en liberté un grand nombre de sporozoïtes ou jeunes grégarines qui accompliront le même cycle évolutif que leurs ainées.

Tous les kystes, cependant, ne sont pas ainsi dirigés au dehors par la voie intestinale. Quelques jeunes grégarines, au lieu d’évoluer vers la cavité digestive, la traversent et vont former leur kyste de l’autre côté de la paroi, dans la cavité générale. Cet enkystement cœlomique a été observé en 1892 et 1893 par M. Léger, qui en a bien pénétré les raisons. C’est là encore une condition avantageuse à la dissémination du parasite. Elle a son utilité particulièrement chez les insectes à métamorphoses complètes et lentes.

Nous n’avons rappelé ici que les faits les plus élémentaires relatifs à l’histoire des grégarines : leur enkystement et leur sporulation ; leur fausse conjugaison, la conjugaison nucléaire de Wolters, la conjugaison isogamique probable de Léger. Ces connaissances ont été le prix des efforts successifs d’une longue série d’observateurs de mérite. On trouve, parmi ces premiers sporozoologistes, presque toutes les illustrations de l’Histologie moderne. Henle, alors prosecteur à Berlin, reconnaît en 1835, chez le lombric, l’existence des kystes reproducteurs, et des navicules qui en sortent ; mais il croit avoir affaire à des sortes de diatomées. Meckel, en 1844, se trompe plus gravement : il s’imagine que ces kystes sont les œufs du lombric lui-même. Siebold, plus tard, refait les observations de Henle ; il voit, comme lui, à l’intérieur des kystes, les corps en navette, et il saisit même les premiers stades de leur formation. Dans tout cela, il n’est pas encore question des grégarines, qui se rencontrent cependant souvent côte à côte avec ces kystes énigmatiques. On ne comprend pas les rapports des unes avec les autres : on les considère comme des objets distincts, réunis par le seul hasard d’un habitat commun. Stein, enfin, vers ce même temps, c’est-à-dire vers 1848, aperçoit tout à coup la relation du kyste et du corps en navette avec la grégarine, qui n’en est que l’épanouissement. Il ne reste plus, dès lors, qu’à développer les détails de l’évolution. C’est l’œuvre des micrographes et des naturalistes qui ont successivement abordé ce problème : Kölliker, en 1849 ; Lieberkühn, en 1854 ; Ray-Lankester, en 1866 ; E. van Beneden, en 1871 ; A. Schneider, en 1875 ; Gabriel, en 1880 : Bütschli, en 1881 ; Balbiani, en 1882 ; L. Léger, en 1891 : Wolters, en 1892. C’est par leurs observations que nos connaissances ont été amenées au degré de netteté que l’on vient