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LES DEUX VIES QUATRIEME PARTIE (1) LA ROUE TOURNE Toute au bonheur d’avoir reconquis Josette, qu’au matm elle faisait transporter chez elle, Francine, les jours suivans, ne vécut que pour sa fille. Il lui restait, de cette nuit de cauchemar, un souvenir imprécis : les allées et venues silencieuses de M""^ Le Hagre, la disparition de la religieuse allant prendre du repos. Dans la pièce familière, où meubles et souvenirs étaient restés en place, elle pouvait croire que rien n’avait changé : cette chambre à côté était celle de Lischen; en bas, juste au dessous, sa propre chambre semblait l’attendre. Au petit jour, comme elle était seule, Fernand était entré, à peine l’avait-elle regardé; sans paroles, il s’était approché, un instant était resté derrière elle, penché sur le petit lit, la frôlant de si près qu’elle en ressentait un malaise. Un bruit léger la faisait se retourner : la religieuse et M""’ Le Hagre venaient de rentrer, et il se retirait en silence. Il n’avait pas protesté, deux heures plus tard, quand elle avait dit : «. J’emmène Josette. » Sa mère, au contraire, avait essayé de gagner du temps; mais, (1) Voyez la Revue des 1" et 15 août et du 1" septembre.