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L’éducation du duc de Bordeaux


La récente publication des Souvenirs du général marquis Arnaud d’Hautpoul a appelé l’attention du public sur l’éducation du Duc de Bordeaux. Commencée par la duchesse de Gontaut, continuée deux ans seulement par le duc de Rivière, l’éducation du prince passa, en 1828, aux mains du baron de Damas, dont les papiers, conservés aux archives d’Anlezy, nous permettent d’apporter à ce sujet des documens inédits.


I

Rappelons brièvement quels antécédens désignèrent le baron de Damas au choix de Charles X pour la charge la plus importante peut-être du royaume : celle de former le jeune prince sur qui reposaient les espérances de la France et de l’Europe.

Né en 1785, il fut emmené par sa mère en Allemagne, pendant que son père allait combattre et périr à Quiberon. De quelque façon qu’on puisse aujourd’hui juger l’émigration, il faut se rappeler qu’elle paraissait alors, comme l’a dit Joseph de Maistre, « et le signe le moins équivoque de la fidélité et le plus grand moyen de salut pour le souverain. » A neuf ans, la protection du duc de Richelieu vaut à l’enfant une place à l’école des cadets de Saint-Pétersbourg. L’empereur Paul et la société russe avaient accueilli avec faveur les émigrés. Mais entre tous