Page:Revue des Deux Mondes - 1902 - tome 11.djvu/959

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


pas être toutes celles que les ouvriers mineurs ont posées, et ici le Comité a dû faire une distinction. « Aux termes de l’article 2 de nos statuts, dit son président, M. Darcy, notre association a pour objet la défense des intérêts communs de l’industrie houillère. Cette disposition, dont une pratique constante a fixé le sens, exclut des délibérations de l’association les conditions selon lesquelles il convient à ses membres de gérer l’exploitation économique, technique ou commerciale de leurs entreprises respectives. Le Comité serait aussi peu compétent en fait que mal fondé en droit pour donner un avis sur des situations locales ou des intérêts particuliers, et intervenir de ce chef d’une manière quelconque dans des débats relatifs à l’organisation du travail et à la fixation du salaire. » Il n’y a, en effet, rien de plus contingent, ni de plus divers, ni de plus variable que les questions de ce genre, et il est chimérique de vouloir leur donner une solution unique, la même pour tous les temps et pour tous les lieux. Nous renvoyons nos lecteurs aux articles si intéressans, et surtout si sensés, que M. Charles Benoist vient de publier à ce sujet dans la Revue, sans se douter qu’ils auraient une application aussi étroite à des faits aussi prochains. Il est impossible que les conditions du travail soient partout les mêmes, et impossible aussi que les salaires soient uniformes. Aussi le Comité des houillères s’est-il déclaré incompétent en pareille matière, chaque industriel devant rester libre de sa gestion. Les questions de législation rentrent, au contraire, dans son domaine. Si on l’interroge sur la réduction de la durée des heures de travail et sur les retraites ouvrières, il est prêt à répondre, moins pour reproduire son opinion bien connue que pour la soutenir et la défendre, mais à la condition de faire par là œuvre sérieuse et de ne pas perdre son temps dans des colloques qui ne peuvent aboutir à rien. Le Comité national des mineurs, tout au contraire, paraissait surtout désireux de gagner du temps, ou plutôt d’en perdre, et c’est à cela seulement que le Comité des houillères ne s’est pas prêté. L’intérêt serait d’ailleurs médiocre, a-t-il dit, « à approfondir l’examen des chiffres et articles quand la grève est invoquée, et que déjà elle éclate sans même attendre le signal, ni donner de motifs. » Le Comité des mineurs s’est servi de la lettre du Comité des houillères pour rejeter sur celui-ci la responsabilité de la grève, et le Comité des houillères a répliqué en termes énergiques ; mais personne ne pouvait se laisser prendre à ce vain prétexte, puisque la grève avait fait depuis quelques jours de tels progrès qu’on pouvait déjà la considérer comme générale, avant même qu’aucune réclamation eût été soumise aux compagnies. Le Comité des mineurs,