Page:Revue des Deux Mondes - 1904 - tome 20.djvu/83

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inconvéniens résultant de sa construction, on semble depuis longtemps, et avec une rare imprévoyance, avoir pris à tâche d’ajouter l’insécurité, l’incohérence absolue des aménagemens intérieurs et l’absence de toute idée de suite dans une répartition méthodique des locaux disponibles.

Les collections artistiques contenues dans les résidences royales constituent, en général, le premier noyau des grands musées de l’Europe, et leur composition témoigne du degré de culture et des goûts particuliers des souverains qui les ont créés. Les rois de France, et notamment François Ier et Louis XIV, avaient réuni chez nous, soit au Louvre, soit à Fontainebleau. quelques-uns des chefs-d’œuvre qui font aujourd’hui la meilleure parure de notre Musée national. En Espagne, Charles-Quint, à l’apogée de sa puissance et de la pleine expansion de l’art, prenait plaisir à s’entourer des ouvrages les plus, réputés des maîtres de l’Italie et des Flandres, et, après lui, Philippe II et Philippe IV ajoutèrent à ce premier fonds les nombreuses peintures de Rubens et de Velazquez qui, tirées des résidences royales, sont devenues la richesse du Prado. De même, l’Electeur de Saxe, Auguste II, qui, par son incapacité et sa déplorable administration, causait la ruine de son pays, a mérité de voir aujourd’hui son nom célébré, à cause de l’admirable galerie dont il a doté la ville de Dresde, sa capitale.

Pareillement, les musées des Uffizi et du Palais Pitti à Florence, la Pinacothèque de Munich et l’Ermitage de Saint-Pétersbourg ont su, grâce à des facilités qui ne devaient plus se rencontrer par la suite, conquérir les précieux ouvrages qui font leur renommée, tandis que, nouveaux venus, le musée de Berlin, et la National Gallery de Londres ne sont parvenus qu’à force de sacrifices intelligens à compenser, par des achats coûteux et poursuivis avec constance, le désavantage résultant pour eux de leur tardive origine.

Avec des lacunes et des inégalités, auxquelles de plus en plus ils s’efforcent de parer par leurs acquisitions actuelles, tous les grands musées que nous venons de citer possèdent des œuvres de toutes les écoles et des maîtres les plus en vue : ils visent à l’universalité et s’appliquent à montrer sur leurs parois comme un résumé de l’histoire générale de la peinture. D’autres collections, bien que se proposant un but plus modeste, offrent cependant un intérêt considérable parce qu’elles sont plus