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Revue scientifique – La variété des formes vivantes et la fixité du fonds vital


Il faut en beaucoup de choses distinguer la forme et le fond, la figure et la substance. Il le faut, en particulier, dans l’ordre des objets naturels. C’est sous ces deux points de vue que l’on a envisagé les animaux et les plantes. On y peut considérer la forme et la vie : la vie qui a pour support une matière, la matière vivante avec ses propriétés statiques et dynamiques ; et, d’autre part, la forme des corps, la configuration des édifices animés avec ses traits spéciaux de surface ou d’ossature. Des sciences distinctes se sont établies sur cette différence de points de vue : d’un côté les sciences morphologiques, telles que l’anatomie, la zoologie et la botanique proprement dites, attachées à la description des formes, et d’un autre côté, la physiologie générale qui envisage les manifestations de la substance vivante, abstraction faite des figures qu’elle revêt, qui étudie, en un mot, le fonds vital.

Il y a plus de trente ans que ces deux points de vue se sont précisés comme distincts et séparés, puisque c’est avant 1876 que Claude Bernard a jeté les fondemens de la Physiologie générale, et a établi cette science sur cette distinction même. Il fallait, pour cela, démontrer nettement l’existence d’un fonds commun à tous les êtres vivans, fonds partout reconnaissable et partout conservé, à travers les variétés ou les variations morphologiques ; et c’est bien ce qu’a fait l’illustre physiologiste.

Il fut donc entendu et convenu, dès ce moment, que les lois