Page:Revue des Deux Mondes - 1908 - tome 47.djvu/597

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


d’être pour elle un bien, et si, au nom des bonnes œuvres dont elle l’a remplie, elle obtient pour un neveu qu’elle a chéri ce qu’il y a désormais de meilleur pour lui, sa mort même n’aura pas été sans fruit. Ce n’était plus ce que je craignais pour elle ; je craignais le mal-être et la souffrance, et vous m’avez rassuré là-dessus bien à propos, en m’apprenant avec combien de zèle et de générosité elle a été soignée jusqu’à la fin par cette personne estimable dont, par une des bizarreries attachées à ma situation, je ne sais pas même le nom, mais à laquelle je dois et j’ai voué la plus vive reconnaissance. Votre cher mari veut bien se charger de lui faire parvenir une lettre où je tâche de la lui témoigner : vous m’obligerez de faire en sorte qu’elle la reçoive avec bonté.

Je n’ai profité que bien peu du plaisir de voir votre cher mari depuis son arrivée, et il faut bien se résoudre à le voir repartir plus tôt que je n’avais compté, et même à approuver le motif qui le rappelle, et sur lequel il n’a pas été si dissimulé que vous. Il m’est pourtant bien difficile de voir sans un peu de murmure renvoyer si loin ce voyage que vous m’aviez promis : je ne m’en consolerai qu’en apprenant que selon vos désirs vous avez heureusement donné une petite élève à l’aimable Madelon, qui doit maintenant avoir déjà de la sagesse à distribuer à ses frères et sœurs. En attendant, songez, chère cousine, sitôt que monsieur de Lessert sera de retour, à nous faire donner souvent de vos nouvelles, sentant, je l’espère, combien, dans les circonstances présentes, elles me sont nécessaires. Il nous a fait le plaisir de nous en donner de toute la famille, il voudra bien aussi vous donner des nôtres.

Il peut voir que je ne crains guère plus d’être indiscret envers lui qu’envers vous, car j’ai souffert sans scrupule qu’il se soit chargé pour moi d’une petite affaire que, dans la position où je suis, je me vois hors d’état de terminer tout seul.

Adieu, chère cousine, ménagez-vous et modérez vos exercices vu la saison et votre état ; nous vous embrassons l’un et l’autre de tout notre cœur ; nos plus tendres respects à votre digne maman, et nos embrassemens à tout ce qui vous est cher.

Je vous prie de vouloir bien faire nos salutations à M. Gaujet et le remercier de ma part de la bonté qu’il a eue de se ressouvenir de mes petites commissions et de les faire si bien.