Page:Revue des Deux Mondes - 1909 - tome 51.djvu/202

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— Deux : amour de la France et mépris du danger.

— Vous marchiez sur les morts ?
— C’est à Dieu de juger ;
Il convient parler bas de ces grandes tueries.

— Tout en usant de charme et de sorcelleries,
Vous frappiez les Anglais ?
— Mourans, je les pansais

— Vous prédisiez bien haut la victoire aux Français ?

— Je criais : « En avant ! » et j’allais la première.

— Pourtant l’Anglais triomphe et vous tient prisonnière ?

— Pour réussir, il faut durer… Enchaînez-moi,
Vous n’enchaînerez pas la fortune du Roi,
Vous n’enchaînerez pas la fortune de France.

— Ainsi vous espérez contre toute espérance !…
Dieu hait-il les Anglais ?
— Nous les mettrons dehors,
Dieu veut qu’ils sortent tous de France, sauf les morts :
J’ai mes conseils du Ciel, à qui je suis soumise.

— Il n’est conseils du Ciel que transmis par l’Église :
Le démon vous inspire, et vous risquez le feu !

— J’ai dit ce que j’ai dit : je sers d’abord mon Dieu ! »

* * *


Justice !… Eveille-toi, conscience du monde !
Et toi, terre des preux, cœur du monde chrétien,
Pousse le cri vengeur avant que ce feu gronde,
France ! ou l’opprobre anglais va devenir le tien.