Page:Revue des Deux Mondes - 1910 - tome 58.djvu/392

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L’espoir est un attentat contre la Providence.


Chaque être a une inclination naturelle vers sa forme.

Quamlibet formam sequitur aliqua inclinatio.

(Saint Thomas, Somme, 1re partie, quest. 80.)


« Tout notre plaisir est dans la conscience de quelque perfection. »

(Descartes à la princesse Elisabeth.)


L’excès est une preuve d’idéalité : Aller au-delà du besoin.


Le dogme du Progrès est la réaction du dogme de la Chute :

Première doctrine : on est de plus en plus perverti.

Deuxième : on l’est de moins en moins.


Liberté de penser : On est heureux avec et sans elle.


La beauté caractérisée par des formes d’animaux. Jupiter se rapproche du lion, Hercule du taureau. Ainsi les anciens avaient l’idéal de la bête.

(Voy. Winckelmann : De l’Essence de l’art., ch. II.)


N’espérez aucun progrès philosophique tant qu’on s’acharnera à décorer Dieu d’attributs.

Ce qu’elle a produit, la philosophie ? Rien du tout : elle a fait grandir Dieu de siècle en siècle !


Contre la Révélation :

« Demandez à un prêtre ashanti d’où il sait que son fétiche n’est pas une pierre ordinaire, mais quelque chose d’autre : s’il répond que le fétiche lui-même le lui a dit, que répondrez-vous ? C’est l’argument sur lequel repose la Révélation. D’où l’homme sait-il qu’il y a des dieux ? C’est que les dieux mêmes le lui ont dit. »

(MAX MULLER, Origine de la Religion.)


Le dernier refuge, la suprême consolation, c’est de savoir qu’on appartient au Cosmos, qu’on fait partie de l’Ordre.