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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




Il est sans doute inutile de revenir sur les faits qui ont mis fin à l’interpellation ou aux interpellations adressées au gouvernement sur sa politique générale. Depuis lors, quinze jours se sont écoulés et déjà les esprits sont ailleurs. Contentons-nous de dire que le débat s’est terminé, comme nous l’avions prévu, par le vote d’un ordre du jour de confiance dans le gouvernement. Ce vote a même eu lieu à une majorité si forte que sa signification précise en est plutôt affaiblie : les radicaux s’y sont en effet associés, suivant une vieille expression, la mort dans l’âme : peut-être serait-il plus exact de dire, la rage dans le cœur. Après les avoir menés à la bataille, M. Berteaux les a conduits à la capitulation. Cette campagne n’est pas la page la plus héroïque de sa carrière parlementaire. Il a été évidemment désarçonné par le sang-froid et par la fermeté de parole de M. le président du Conseil, qui ne lui a cédé sur aucun point, mais a tout de même affecté de remettre généreusement son sort entre ses mains. — Si les radicaux ne votent pas pour moi, a-t-il dit, je m’en vais. — Les radicaux se sont contentés de ce madrigal, et ils ont oublié les duretés que M. Briand leur avait prodiguées.

Oublié n’est sans doute pas le mot juste ; on s’en apercevra peut-être bientôt. Les radicaux ont la mémoire tenace ; ils le montreront. Mais sur le moment, désorientés par l’attaque de M. le président du Conseil, qu’ils croyaient avoir réduit à la défensive et qu’ils s’apprêtaient à recevoir à résipiscence pourvu qu’il montrât quelque humilité, ils ont battu en retraite en désordre. Rien n’a été plus piteux que leur débandade. Ils ont essayé d’abord de se réfugier dans l’équivoque et M. Berteaux a déposé un ordre du jour qui ressemblait, presque à s’y méprendre, à celui auquel le gouvernement devait finalement se rallier. Il contenait le mot de confiance, mais le mot